Think Talk



Ploum ploum tralala

Melancolie Bourdivine #RDR2014

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Jour 1, 21h, à cinq dans la navette. Sing-sing à fond dans le bus, le temps est clair, calme après l’averse. Un torrent de boue en guise de tapis, une bracelet en guise de rouge. Kurt Vile est presque fini, on chaloupera en faisant la queue aux jetons et gobelets pendant tout Real Estate. “Madame, vous avez pas une cigarette?”. “Non, mon petit” j’ai arrêté de fumer après le dernier concert de Blur. Une bière, merci, en place pour Thee Oh Sees. Une bonne odeur de propre flotte malgré la pluie et la boue, les sourires se dessinent. Puis, direction la scène des Remparts, pour The Fat White Family. C’est mieux sur Deezer. Je me dis, en les découvrant sur scène, qu’après tout, pour se payer le caviar de la Trip Hop demain soir, faut manger de la patate de temps en temps. Direction la queue des toilettes, puis le merchandising, puis le bar, histoire de passer le temps en attendant Caribou. Pas mal, mais j’ai de plus en plus froid. On est peut-être plus difficile les deux pieds dans la merde ; pourtant j’aurais dit l’inverse. Je pars, il est 1h26.


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Jour 2, deux milliards et demi de personnes (environ) patientent à l’arrêt de la navette, rond-point des vétérans d’Indochine. 21h. Hey taxi! Retrouvailles émues avec les gars du 813030, numéro magique de feues mes aubes malouines à l’Escalier. Les billets et les pièces de main en main, divisons 35€ par six. “Vous avez des jetons, sinon?”, “Non, répond la quinquagénaire dodue tout en tignasse et parfum de vin blanc à ma droite, je vais au bar VIP”. Un infime silence dans la voiture suit cette découverte : les VIP Rock nées sous De Gaulle ne ressemblent donc pas toutes à Debbie Harry. Pour entrer nous contournons le camping. A gauche, une collection de zboubs nus pissent tournés vers le passage. A droite, une réunion coranique en atelier plein air est installée dans l’herbe, sur des tapis persans. Plus loin, des silhouettes se faufilent dans le champ de maïs et cueillent des épis. J’ai l’impression de traverser une séquence du prochain David Lynch. Une masse compacte s’agglutine à l’entrée, tandis que les accrédités s’égrainent fluidement par un petit porche. C’est mort pour Slow Dive, de toute façon. Le temps d’attente permet la réflexion. Je laisse traîner mon esprit vers la question de la lutte des classes. Peut-on faire l’analyse bourdivine de la Route du Rock? Nous avons des numéros, qui correspondent à notre caste. Je suis de la caste des bouzeux, les “1”. Le système est méritocratique, il faut ouvrer, au sens d’Harendt, pour être un 2 ou plus. Nous passons donc encore par la fouille, “toute sortie est définitive”. Assez de temps pour prendre une bière, et se planter pour P.. Mise en place interminable, doublure lumière, cadrage au poil près. Autour de moi, ça ne sent plus le propre comme hier, mais la crasse humide, la chaussette trempée. Enfin, ils arrivent. Beth Gibbons n’a changé ni de coupe de cheveux ni de veste depuis 1995. Ni de voix. J’attends de m’envoler, mais la boue me fige sur place. Et le bourdon aussi. J’avais oublié combien c’est triste, Portishead. Le cœur au bord des lèvres, je pars après le salut, avant le rappel. Le chauffeur le plus sympa de la galaxie, les anglais les plus bruyants (ou sourds) d’Europe dans le trajet retour. Il me reste un jeton et mon gobelet, je les garderai pour 2015, il n’y aura pas de jour 3 pour moi. Quand je pense que j’étais venue pour Moderat.

Sans compter les emmerdements

je n’aime pas entendre dire du mal des gens que je ne connais pas

je n’aime pas entendre dire du mal des gens que je connais

je n’aime pas entendre dire du mal des gens

je n’aime pas entendre dire du mal

je n’aime pas entendre dire

je n’aime pas entendre

je n’aime pas

Dallas buyers club VOST. Mardi 11h. Nous étions quatre. Dommage, c’est pourtant un très bon film.

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Robocop. Lundi 14h. Nous sommes trois dans la salle. Au final, à 14h10 nous étions six.

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Il est peut-être temps de faire une pause et de prendre du recul

la philo funky: le Nihilisme

La nostalgie, c’est post-moderne

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